Lui qui se souvient des amnésiques et des morts a dédié son Goncourt à sa mère, qui ne se souvient plus de l’enfant qu’il était, et à son défunt père, gendarme près de Mostaganem, qui lui adressa ses premières phrases en français, que sa mère ne comprenait pas. Le perron du restaurant Drouant n’est pas bien haut, mais quand on le foule en vainqueur et qu’on lève les yeux, le regard peut porter très loin, au-delà de la Méditerranée. Le Guyanais René Maran, le Russe Henri Troyat, le Juif lituanien Romain Gary, le Roumain en exil Vintila Horia, le Marocain Tahar Ben Jelloun, l’Afghan Atiq Rahimi, le Sénégalais Mohamed Mbougar Sarr ont tous eu ces regards télescopiques qui disent un long chemin, presque une destinée.
Lundi, parce que Daoud est…