Elles plongent, remontent et plongent encore, depuis des siècles. En apnée, à la recherche des précieux ormeaux. Les ama du Japon, comme leurs consœurs coréennes, les haenyo, incarnent une sorte de légende réelle, celle de filles de l’océan vivant en harmonie entre elles et avec lui, perçant jour après jour la surface de l’eau vers les abysses. Elles ont été peintes sur des estampes (Hokusai), célébrées dans des poèmes (depuis le VIIIe siècle), racontées dans des romans (Le Tumulte des flots, de Mishima, par exemple) et capturées par les objectifs de nombreux réalisateurs et photographes parfois trop exotiquement fascinés par ces pêcheuses jadis presque nues et armées d’une lame d’acier pour arracher les coquillages aux profondeurs. Le travail patient, profond, complice, que leur a consacré Uraguchi Kusukazu, disparu en 1988,…