L’enquête est une activité fatigante, à moins de recevoir directement les dossiers du Parquet national financier et de se contenter de les recopier bêtement. Ça devient alors, paraît-il, de « l’investigation ». Elle se pratique généralement assis, en sédentaire, dans une « cellule », mot réservé jusqu’à présent au vocabulaire communiste ou pénitentiaire, un euphémisme.
Le journalisme est aussi devenu un métier reposant quand il se réduit, ce qui est de plus en plus souvent le cas, hélas, à dresser des listes, celles du camp du Mal, des affreux, des détestables, des têtes à couper, ce qui donne bonne conscience à notre profession. Aujourd’hui, l’esprit critique ne doit s’exercer qu’à sens unique. Les sorties de route sont interdites, criminalisées.
Le débat d’idées n’a plus bonne presse, désormais. Ne parlons pas…