L’élu socialiste livre sa critique d’Immigrations (L’Observatoire), l’essai de Guillaume Larrivé, ancien conseiller de Nicolas Sarkozy.
La plume est alerte, le style agréable, et l’auteur ne manque pas de talent, sans pour autant convaincre de la justesse d’une démonstration dont la conclusion se devine dès l’introduction. Guillaume Larrivé nous appelle à suivre l’invite de Péguy : « Il faut toujours dire ce que l’on voit. Surtout, il faut toujours, ce qui est plus difficile, voir ce que l’on voit », sans parvenir lui-même à voir les immigrés, continûment invisibilisés dans un ouvrage qui, bien qu’intitulé Immigrations au pluriel, ne traite en définitive celles-ci qu’au singulier. Or, en politique, le singulier est toujours suspect, et l’essentialisation ne sert pas ici la démonstration. L’auteur ne voit en définitive que ce qu’il veut…
