EN 1920, Lucie Cousturier, 43 ans, publie Des inconnus chez moi puis, cinq ans plus tard, Mes inconnus chez eux. Le récit, en deux temps, de sa rencontre, au cours de la Grande Guerre, avec des tirailleurs sénégalais postés dans un camp militaire du sud de la France. Dans sa maison de Fréjus, l’artiste néo-impressionniste, ancienne élève de Signac, leur donne bénévolement des cours d’apprentissage de la langue française ; c’est l’objet du premier livre. Le second naît de son périple en Afrique occidentale française où le gouvernement l’a mandatée pour scruter « le milieu indigène familial et spécialement le rôle de la femme ». Si Lucie Cousturier est une pièce maîtresse de l’exposition Artistes voyageuses, l’appel des lointains, 1880-1944, présentée au musée de Pont-Aven jusqu’au 5 novembre, c’est parce…