Quelle rage! Quelle énergie! Juchée sur ses pointes furieuses, elle tourbillonne, ivre d’amour, folle de désespoir, se bat, se débat, se rue contre les murs, danse sa révolte en électrisant la scène de son outrageuse beauté. Giselle, la rebelle! Pour oser faire de la célèbre héroïne romantique, humble et naïve paysanne, une telle figure de femme, déterminée et indocile, il fallait beaucoup d’audace et au moins autant de talent. Le chorégraphe britannique Akram Khan a les deux. Sa relecture de Giselle, présentée au Théâtre des Champs-Élysées à Paris, dans le cadre de TranscenDanses, propulse dans le XXIe siècle ce monument classique, conçu en 1841, sans en trahir la lettre ni l’esprit. Jusque-là, seul le Suédois Mats Ek avait su magnifiquement relever le défi en transposant l’intrigue originale dans l’univers psychiatrique.…