Elle devait avoir 14 ans et moi 11. Elle, c’était une « grande » aux yeux de la petite 6e que j’étais. Elle était belle, elle avait du chien, elle nous subjuguait avec ses bandanas dans les cheveux, son liner dark, ses jupes en cuir, ses collants noirs opaques, ses Doc, ses ongles bleus. Elle incarnait la fille cool au temps pop-rock des Madonna, Indochine, Cure, U2, Depeche Mode… Un matin, une rumeur a couru dans toute la cour. LA meuf trop cool du collège avait été alpaguée à l’entrée du bahut par la directrice (une vieille bique, à un an de la retraite, mauvaise et aigrie, qui terrorisait tout le monde), qui l’avait traînée dans son bureau et s’était échinée avec minutie – et frénésie – à racler avec…
