Un écrivain, ça ne laisse pas grand-chose lettre morte. Ça écrit une rencontre avec un aîné, un monument. Ces textes singuliers témoignent d’un genre disparu, la visite au maître, passage obligé, dont Catherine Sauvat s’est faite la mémorialiste. Le casting est vertigineux, et l’enquête, exceptionnelle, éclectique, cocasse. Quand Oscar Wilde se présente à Hugo, celui-ci s’est endormi. Chou blanc aussi avec Verlaine, qu’Oscar trouve à son café favori, fin saoul. Quand il reçoit le jeune Hugo, qui a déjà le vent en poupe, Chateaubriand, flairant le talent de l’impétrant, souligne, vache, les vers qu’il a le moins appréciés: encore impressionnable, Victor reste coi.
Le dieu littéraire est rarement le meilleur juge de ses cadets. Goethe, qui reçoit Hölderlin sur la recommandation de Schiller, l’affuble d’un suffixe dépréciatif, hölterlein, après son…