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M. Macron a beau se démener et gigoter en tous sens, il y a quelque chose de rageant à observer ce qui ressemble à une fin de règne, dans un pays tétanisé derrière ses masques, sous la chape de plomb du principe de précaution, devenu le plus petit dénominateur commun de toute la classe politique. La faute à pas de chance mais le retour du Covid-19, fût-il moins mortifère, pourrait saper la relance économique, malgré les 40 milliards que déversera sur notre pays le méga-plan européen. Et, dans ce cas, le pouvoir sera condamné à payer le prix de la mauvaise passe à venir, dans un charivari de crises. « Comme chef d’État, deux choses lui avaient manqué: qu’il fût un chef, qu’il y eût un État. » Faut-il détourner…
On respire. C’est sûr, tout va mieux se passer désormais: une escouade de nouveaux « sous-préfets à la relance » va être nommée. Leur mission? Vérifier que l’argent arrive au bon endroit, et relever les blocages administratifs. La bureaucratie doit trembler… Tout ceci est parfaitement logique: la France, qui depuis quarante ans a laissé se développer sa sphère publique dans des proportions gargantuesques, ce qui a grandement contribué au creusement de ses déficits, a abordé l’épreuve du Covid-19 avec une dette à 98 % du PIB (contre 60 % en Allemagne). Il lui faut donc être plus parcimonieuse, plus efficace, cibler plus précisément son plan de relance. Et pour cela, donc, elle invente… une strate administrative supplémentaire. Bravo. Peut-on soigner la technocratie par la technocratie? Le jacobinisme par le jacobinisme?…
Une distance de sécurité de 10 mètres devra être respectée entre les chiens lors de leurs promenades en compagnie de leurs propriétaires. En cas de non-respect de cette règle, les animaux seront abattus et leurs maîtres arrêtés. Au zoo, port du masque obligatoire pour les singes, et, dans la mesure du possible, les gorilles Une mère et son fils, ou sa fille, de moins de 10 ans auront une autorisation de câlins entre 8 heures et 8 h 15 le matin en semaine et entre 9 heures et 9 h 15 le samedi et le dimanche, à condition de ne pas contrevenir aux baisers barrières (masque, arrêt de la respiration, silence complet). Le domicile d’une personne ayant refusé ou oublié de porter un masque chez elle sera, en cas de…
L’épidémie de Covid-19 constitue un formidable accélérateur des transformations du XXIe siècle, qui fait émerger une nouvelle hiérarchie des nations, y compris au sein des démocraties. Du côté des gagnants, celles qui, grâce à la stabilité de leurs institutions et à la qualité de leurs dirigeants, à la puissance de leur industrie, à leur maîtrise technologique et à la cohésion de leur société, démontrent leur capacité à répondre à la crise sanitaire et économique, à l’image de l’Allemagne, de la Suisse ou des pays d’Europe du Nord, de la Corée du Sud, de Taïwan ou de la Nouvelle-Zélande. Du côté des perdants, celles qui, tels les États-Unis ou le Brésil, voient leur impuissance à contrôler l’épidémie déboucher non seulement sur une terrible crise économique, mais sur la désintégration de la…
Selon la formule prononcée à Tokyo en 1964 par le jeune ministre des Finances Valéry Giscard d’Estaing, les États-Unis bénéficient de ce « privilège exorbitant » de posséder « la » grande monnaie de réserve. Un « privilège exorbitant » qui se traduit par une demande mondiale permanente et forte de dollars, et qui permet « aux États-Unis de s’endetter gratuitement visà- vis de l’étranger », comme s’en était déjà agacé le général de Gaulle lors d’une conférence de presse. En effet, les dernières statistiques du FMI indiquent que la part du dollar dans les réserves de change mondiales atteint 62 %, le même niveau qu’il y a trente ans, très loin devant l’euro (20,1 %), le yen (5,7 %), la livre sterling (4,4 %) et le yuan (2 %).…
Le président de la République vient de confirmer la nomination de François Bayrou au poste de haut-commissaire au Plan. Certains voient dans la renaissance de ce commissariat, célèbre institution de l’après-guerre, la victoire bienvenue du volontarisme politique. Il semblerait qu’elle soit bien plutôt le signe d’un triomphe de l’irresponsabilité. On ne sait pas exactement à quoi ce nouveau haut-commissariat ressemblera, mais sa résurrection et son nom mêmes signifient que, selon nos gouvernants, l’État est capable d’imprimer une direction à l’économie. La croyance qu’on peut orienter l’économie par en haut est étrange, quand on sait qu’en réalité elle est orientée seule, de façon décentralisée, par les millions d’actions indépendantes de ceux qui y contribuent. Les objets les plus essentiels de notre quotidien ont été inventés de la sorte: comme le décrivait…