L'affaire Tesson, qui succède à l'affaire Depardieu, est symptomatique d'une époque malade. À la suite d'une pétition signée par plus de 1 200 artistes se disant poètes, et paru dans Libération, Sylvain Tesson est empêché de parrainer cette année le Printemps des poètes. La directrice artistique Sophie Nauleau démissionne. Alors, certes, si l'affaire peut sembler exceptionnelle, voire négligeable, elle est au contraire significative. De l'« icône réactionnaire », telle que cette pétition qualifie Tesson, à la directrice artistique, Sophie Nauleau, c'est précisément la seconde qu'on vise, en salissant l'honneur et la vie du premier. Libération, ayant remis le couvert, se demande: «La question n'est pas Sylvain Tesson, c'est: qui l'a nommé parrain? » Et, derrière Sophie Nauleau, attaquée jusque dans sa vie privée, c'est l'institution que l'on vise. La guerre…