Une ONU impuissante et complice, quatre ans durant, de 1992 à 1996, tandis que sévissait, à Sarajevo, le plus long siège de l’histoire moderne ; une ONU qui, confrontée à l’épuration ethnique menée par les Serbes au Kosovo, laissa une alliance militaire, l’Otan, faire le travail à sa place et, en 1999, arrêter enfin le massacre ;
une ONU qui, face au million de morts du génocide des Tutsis au Rwanda, demeura étrangement passive, diminua ses effectifs de maintien de la paix quand il fallait les augmenter, ne les augmenta que pour exfiltrer, in fine, les responsables de la boucherie – une ONU où l’on poussa l’absurdité, ou le cynisme, ou les deux, jusqu’à tolérer que, par le jeu des rotations régionales permettant le renouvellement des membres non permanents du…