Le 10 novembre, villa Seurat, à Paris 14e, une camionnette s’est garée devant le 7 bis. Elle venait chercher Didi. Un petit garçon joufflu de 102 ans, coupe au bol, ventre proéminent, mains jointes derrière le dos. Malgré son âge, il n’a pas pris une ride, comme s’il n’avait jamais bougé d’ici. Or, cette année, après une absence de quatre-vingts ans, Didi est enfin revenu villa Seurat. C’est là que sa mère l’avait taillé dans le bois en 1921. Cette mère a pour nom Chana Orloff, la grande sculptrice française de l’entre-deux-guerres. Didi, dans la vie, était aussi son fils, Élie. Il fait l’objet d’une exposition au MAHJ, le Musée d’art et d’histoire du judaïsme, à qui les petits-enfants de Chana, Éric et Ariane, le fils et la fille d’Élie,…