Le merveilleux, le gracieux, l’éternellement amoureux Guglielmo Alberto Wladimiro Alessandro Apollinare de Kostrowitzky, plus connu sous le nom de Guillaume Apollinaire, prince des poètes et enchanteur farfelu, était un individu génialement unique : au physique, c’était, à l’évidence, une statue de l’île de Pâques, massive et chue d’on ne sait quel ciel, avec de petits yeux enfouis dans un visage bienveillant ; au moral, c’était un curieux, un courageux, un glouton de la vie, des formes, des femmes, des couleurs, des émotions, des mots. Et, à cela, ce Polonais né dans l’Empire russe, élevé à Monte-Carlo et mort en patriote français, ajouta sans faillir sa prodigieuse aptitude à aimanter la meilleure part de tout ce que le début du XXe siècle engendra de plus neuf. D’où, en pleines Pâques, le…
