Quand je regarde ma montre, au cinéma, c’est qu’il y a quelque chose qui cloche. Ce n’est pas que je m’ennuyais, mais j’avais l’impression de manquer d’air. Un quart d’heure plus tard, j’ai compris que ça n’était pas moi qui manquais d’air, mais le film qui manquait de respiration. Depuis le début, la musique était là, omniprésente, imposant son rythme, ses variations et ses timbres, ses coups de cymbales, de tambours, ses violons… elle régnait, guillerette ou oppressante, narrative ou expressive, toujours démonstrative, jusqu’à couvrir et la voix des acteurs et le bruit de leurs pas. Il n’y avait plus de vent, de voitures, de portes qui claquent, mais de la musique pour nous expliquer qu’il y avait du vent, des voitures, des portes qui claquent. Comme si plus rien…
