C’était, malgré la distribution, exceptionnelle, pour le premier Siegmund européen de Jonas Kaufmann qu’on y allait. Annulation – qui vida quelque peu la salle – compensée largement par l’australien Stuart Skelton, excellent Tristan à Pâques ici-même, et Siegmund exceptionnel : timbre moelleux à la James King, vaillance, présence, ne lui manque que le charisme physique de l’allemand. D’Eva-Maria Westbroek, la Sieglinde s’est un rien durcie, mais pas l’élan, magistral, ni la sensualité, voluptueuse. Oublions Mikhail Petrenko, forcé désormais d’être chambriste. Mais le Wotan de René Pape, qui a le ton, le cuivre, l’autorité, et la vision désormais, est impérial, tout comme Ekaterina Gubanova. Evelyn Herlitzius chante bas trop souvent, mais son allant, son irrésistible jeunesse font qu’on passe outre. Le triomphateur ultime reste cependant Valery Gergiev. Fondamentalement classique, sa direction,…