“J’AVAIS TOUT, JE NE POUVAIS ME PLAINDRE DE RIEN ET POURTANT, J’AI ÉTÉ UNE ADOLESCENTE EN SOUFFRANCE” Il est difficile de parler des gens qu’on aime parce qu’on court le risque de sombrer dans l’impudeur, on craint d’en dire trop, de porter atteinte à l’intimité de leur vie privée. Il est difficile de parler des gens qu’on aime parce qu’on a peur de verser dans le dithyrambe ou la complaisance et, ce faisant, de les embarrasser, et, qui plus est, de provoquer la suspicion chez ceux qui nous écoutent leur tresser des lauriers. Difficile également parce que cela nous oblige à ajuster le regard, à les observer de plus près, à scruter des détails, des traits de caractère qui ont fini par nous deve nir si fami liers qu’on…