De la laine grise qui recouvre le pont arrière émergent, ici et là, des têtes sombres parmi les éclats dorés de couvertures de survie. La nuit étoilée est fraîche. Les réfugiés, épuisés, épousent les marches des escaliers, se recroquevillent entre les cordages. À bord de l’Aquarius, on est serré mais on dort. Ou on essaie. Sur la passerelle, dans l’obscurité, le commandant, Yeroslav, est de quart. Il surveille du coin de l’›il la carte électronique et le radar. Pas un navire, pas une lueur. La côte libyenne s’éloigne, le cap est mis au nord-est, vers Messine, en Sicile, à deux jours de mer, où les migrants seront débarqués. Dans « l’abri », un grand espace à l’intérieur du bateau, Maryse, infirmière de Médecins du monde, prend soin des femmes, des…