Ce matin, je me suis réveillée dans un drôle d’état. Mi-angoissée, mi-exaltée. Les tripes dans un drôle d’état. Et naturellement, comme ça, sans réfléchir, j’ai eu envie, besoin d’entendre l’hymne national iranien. Le vrai. « Ey Iran ». L’hymne d’avant les mollahs, d’avant la révolution islamique, d’avant 1979, d’avant la mollahrchie – d’ailleurs, j’ignore quel est l’hymne actuel. Je l’ai mis à fond, et si je ne maîtrisais plus les paroles, tout est revenu d’un coup. Comme un vent printanier. Et j’ai revu les cerisiers en fleur de Téhéran qui annoncent la nouvelle année, le Nowruz (« nouveau jour », jour de l’équinoxe de printemps), et j’ai senti le goût de la cerise, et je n’ai jamais autant maudit les mollahs, et je n’ai jamais autant cru à leur fin.…
