L’émotion, sincère, ressentie par une grande majorité de Français après l’annonce de l’hospitalisation de Jacques Chirac en dit long sur l’état de décomposition avancée de notre classe politique. À l’unisson, électeurs de droite mais aussi opposants de gauche regrettent l’homme, évidemment – entier, sympathique, proche des gens –, autant que la façon dont il a mené les affaires de la France, même si le septennat puis le quinquennat de Jacques Chirac n’auront pas été que des sommets de fulgurance politique. Mais c’était quand même autre chose… Au moins, en refusant en 2003 de suivre aveuglément Bush et Blair dans leur croisade anti-Saddam, il nous aura épargné des morts et des souffrances inutiles. Au moins, en affirmant que « notre maison brûle et nous regardons ailleurs », l’année précédente, il aura…