Avec sa gueule de barbudo, il a fait rêver la planète. Au panthéon de nos mémoires, Fidel Castro, qui vient de disparaître à l’âge de 90 ans, incarnait l’un des derniers grands mythes de l’histoire révolutionnaire, à l’instar d’un Mao. Les intellectuels occidentaux, férus de révolution, se précipitaient aveuglément à ses côtés, pour la photo et pour l’onction populaire. Cuba, c’était la fête au-dessus du volcan, les belles filles, l’alcool à flots et la lutte de David contre Goliath.
Tous les ingrédients pour faire un bon roman étaient réunis, avec ce personnage baroque, mordu de sport – « Si je n’avais pas été sportif, je n’aurais pas été guérillero›» –, a-t-il un jour expliqué. C’était aussi un collectionneur de femmes – on lui a prêté des liaisons avec Ava Gardner…