Faut-il brûler le Michelin ? Chaque année, dès la sortie du redouté livre rouge, les débats reprennent. Indispensable ou obsolète, incontournable ou injuste, inflexible ou corrompu : tout y passe. On ressort même à son sujet des fantasmes conspirationnistes ! Et pourtant, rubiconde salamandre, le Michelin renaît de ses cendres, sans jamais débander.
C’est que le Michelin est plus qu’un guide, plus qu’un censeur, c’est un marqueur. Il nous renvoie aux temps bénis où fleurissaient les « arbitres des élégances ». Car tel est son emploi, terrible et jouissif : déterminer qui en est ou n’en est pas, décréter qui est digne ou non, conspuer ou couronner, adouber ou bannir. Fonction terrible, presque inhumaine – d’ailleurs, ce guide n’a pas de visage, comme Fantômas –, que de définir, chaque année,…
