À l’aube du premier jour, Vent noir est une phalène attirée par la lumière du feu et, au soir du huitième, le dernier, celui de la défaite, la phalène est devenue un insecte englué comme tous les autres « dans une grande marre de boue ». Il avait 26 ans, du coeur, et la France l’ennuyait; il avait lu Loti, Clausewitz, Jünger, Apollinaire. Il rêvait d’intensité, de fraternité, de ces amitiés inhumaines que seules la guerre et l’aventure savent engendrer. Alors, il était parti, avec « des hommes dont il ne savait rien », à Diên Biên Phu. « Une sale histoire », écrit Arnaud de La Grange, « un coin où l’on se tue avec une inépuisable énergie ». Vent noir endure et il apprend. Qu’on ne change pas…
