Baskets, jean, pull marine, l’adolescent de 71 ans virevolte, tournicote, attrape notre sac à ordinateur qu’il déplace pour plus de commodité jusqu’au canapé, puis, ayant attendu que sa communicante se soit assise – à sa place, devant ses dossiers présidentiels –, il se choisit un fauteuil, dos à la baie donnant sur le triste quai d’Ivry-sur-Seine. Yeux varech, hâle de propriétaire concarnois habitué au TGV Paris-Brest (où il salue chaque voyageur de la rame d’un « bonjour, comment vas-tu ? »), il pose ses coudes sur la table. Sans façon, le tourbillon. La veille au soir, Michel-Edouard Leclerc accompagnait son épouse, Natalia Olzoeva, quadragénaire et pianiste, à un spectacle d’hypnose, et ceci le turlupine. Comment un type parvient-il, en trois claquements de doigts, à faire faire tout ce qui lui…