DANS LE BUREAU DE MA GRAND-MÈRE, où il m’était interdit d’entrer (mais dans lequel je ne ratais jamais une occasion de me faufiler en cachette), flottait une odeur d’encens et de camphre. C’était une petite pièce remplie de meubles en bois foncé, dont les étagères débordaient d’objets étranges et fascinants pour la petite fille fouineuse que j’étais: boules de cristal, jeux de tarot, pendules, tissus, figurines, livres anciens, talismans et breloques mystérieuses, que je n’étais pas censée toucher.
Ma grand-mère, voyez-vous, était une sorcière. Durant quelques décennies – jusque dans les années 1990 –, elle a gagné sa vie en tirant le tarot et en lisant dans les étoiles, le cristal et les feuilles de thé. Elle portait des robes colorées, ses mains étaient couvertes de bagues, sa peau avait…