Tarmac de Villacoublay, ce 5 mai 1988. Retour du journaliste Jean-Paul Kauffmann, otage depuis troi s ans au Liban. Surplombant les étreintes silencieuses, le visage satisfait du ministre de l’Intérieur Charles Pasqua et, plus loin, zigzaguant entre les essaims de familles enfin réunies, la silhouette haute du Premier ministre, Jacques Chirac. Soudain, zébrant l’image, une course. Un enfant – un adolescent plutôt, bouille rouquine – court vers le revenant. Qui se fige, front plissé. Il n’ouvre pas ses bras, son torse bascule en arrière, raide, il observe l’enfant, le dévisage, il ne le reconnaît pas, ne le reconnaît plus. A l’antenne en direct, le commentateur se trompe, il affirme que c’est Grégoire devant lequel son père demeure pétrifié, or c’est face à Alexandre, son cadet, qu’il sursaute. Grégoire, en sweat…
