« Et vous vous étonnez que les Arméniens, qui sont les dupes ou les victimes de cette intrigue européenne, de ce manquement à la parole européenne, aillent dans les capitales, à Paris, à Londres, essayer d’éveiller un peu la pitié, l’attention de l’Europe! » Ces mots n’ont pas été prononcés cet automne, après l’attaque de l’ Azerbaïdjan contre l’enclave arménienne du Haut-Karabakh qui a contraint la quasi-totalité de sa population, soit 120 000 personnes, à l’exil. Ils ont résonné le 3 novembre 1896, lorsque Jean Jaurès, dénonçant le début d’une « guerre d’extermination », alerte la Chambre des députés sur la terrible menace qui pèse sur le peuple arménien. Vingt ans plus tard, les faits lui donnent raison: le génocide perpétré par l’Empire ottoman fera plus d’un million de victimes.…