Poche. Il avait l’air drôle, le frère d’Olivia de Lamberterie; il portait des pompes en requin doré et s’aspergeait de champagne, tout nu. Il avait une femme solaire, aussi, des enfants qu’il adorait, un bon job, c’était un homme « flamboyant », écrit-elle, mais « au cœur sombre ». Depuis l’enfance, une mélancolie crasse lui giflait les os et l’âme. Il allait souvent « chez les dingos » car, plusieurs fois, il avait voulu mourir. Jusqu’au 14 octobre 2015. Il a sauté d’un pont. D’abord, il y a le décalage, qui étreint à chaque page. Que faisions-nous ce soir-là ? D’un côté, le monde sauvage d’une sœur orpheline de son frère et, de l’autre, le nôtre, indemne. Lire ce récit, c’est faire communier ces deux mondes, et l’avoir écrit, on…
