L’étonnement peut se situer à égale distance de la stupeur et de l’émerveillement, et semble, de ce fait, n’en point souffrir les limites. En tant que sensation vive et soudaine qu’on éprouve devant quelque chose d’inattendu, d’extraordinaire, d’étrange, d’inassimilable, la stupeur (du latin stupere, être engourdi, rester figé) produit comme une « sidération »: elle suspend la capacité d’agir et de parler (qui est le sens d’interloquer), et paralyse les facultés intellectuelles (...). Elle paraît donc inapte à susciter le questionnement, à enclencher le mouvement qui, de l’ignorance des phénomènes, conduit au désir de les connaître, selon les schémas platoniciens, par exemple.
L’émerveillement, quant à lui, semble davantage relever du sentiment esthétique, qui naît lorsqu’on est confronté à quelque chose de fascinant, semblant relever du prodige, de ce que la…