Bernard Magrez a un don très singulier. Il maîtrise le temps. Le dilate, l’accélère, le tord à sa guise. Au château Pape Clément, à Pessac, l’homme aux 90 printemps et aux 40 domaines l’a tout simplement suspendu. Au bout de la longue allée bordée de ceps de vignes roussis, deux oliviers centenaires veillent. Troncs épais et noueux, gardiens zélés. Plus loin, un immense cèdre du Liban étend son ombre épaisse sur les statues muettes, un Christ en bronze de Livio Benedetti, Le Paon du temps de Luc de Muelenaere. L’art comme la terre ne meurent jamais. Sur le perron, sphynx attentif, Bernard Magrez accueille ses visiteurs. Droit comme un if, blazer bleu nuit, sourire affable. L’homme d’affaires est matois. A Bordeaux, il est aussi admiré que détesté. Autocrate, dictatorial, brutal,…
