Poche. Il s’appelait Arturo, mais il détestait ce prénom ; il aurait aimé s’appeler John. Son nom de famille était Bandini, mais il aurait préféré Jones. Ses parents étaient italiens, il les aurait voulus américains. C’était un bandit, Bandini, un clodo céleste, le symbole de l’Amérique mal élevée de l’après-Grande Dépression et de l’avant-guerre. Mégalo, drôle, impulsif, il adorait les chiens, les femmes et la littérature, il lisait Nietzsche et London dans les toilettes des hôtels miteux qu’il squattait, c’était un expert en banqueroute existentielle, il avait des mots simples, francs, d’où giclait la poésie, il s’approchait au plus près de la moelle de la vie. C’était l’alter-héros de John Fante, Rital nourri aux spaghettis et aux images pieuses qui voulait devenir quelqu’un au pays des Yankees. Il finit alcoolique,…
