Premier ministre d’Emmanuel Macron est un métier affreux que je ne conseillerais pas à mon pire ennemi. À moins qu’il ne soit toujours revêtu de fibre de coco touffeté, matière avec laquelle on fait souvent les tapis d’entrée pour s’essuyer les pieds.
Le supplice commence avant la nomination. La future victime n’est plus avertie des semaines plus tôt, comme c’était la coutume jusqu’alors, avec la formule habituelle : « Préparez-vous. » Elle est appelée in extremis, alors que, la prévient-on, le président hésite encore.
Dans le monde d’avant, de Gaulle, Pompidou, Giscard, Mitterrand ou Sarkozy avaient prévenu au préalable et à voix basse leurs futurs Premiers ministres : respectivement Pompidou, Chaban-Delmas, Barre, Mauroy ou Fillon. Là, à l’ère du court-termisme, le président prospecte à l’arrache, dans la panique, avant de…