Elle aurait pu s’appeler outre, peau de bouc, cruche, seau, broc, calebasse, bidon, topette, flasque ou tout simplement bouteille. Mais c’est le terme « gourde » qui a été donné à cet objet, placé sur les bureaux comme une pièce d’orfèvrerie, brandi sur Instagram, promené au hasard dans les rues de la ville, par des foules d’assoiffés. La gourde s’affirme aussi vitale qu’une paire de bottes de neige au pôle Nord. Elle fait d’une technique du corps, « boire au goulot », le nouveau geste qui doit sauver la planète du grand mal des plastiques. Nous vivons entourés de gourdes. De toutes tailles, de toutes formes et de toutes les matières, elles sont l’expression de nos désirs, de nos fantasmes et de nos craintes: minimalistes, rutilantes, en Inox, bambou, canne…
