Il y a des libérations joyeuses : Paris, 1944, insurgé et en liesse.
Et il y a des libérations de plomb : Varsovie, 1944 ; Berlin, 1945 ; ou même, plus récemment, Sarajevo.
La libération de Mossoul relève, visiblement, de la seconde catégorie.
Bien sûr, le soulagement.
Bien sûr, la joie de la victoire et, pour quelqu’un qui, comme moi, a vécu de l’intérieur quelques-uns des épisodes les plus terribles de la bataille, une intense émotion.
Mais, devant les images des survivants sortant, apeurés et hagards, de ces huit mois d’enfer, devant le champ de ruines auquel a été réduite l’une des plus anciennes villes du monde, devant le nombre de morts et des déplacés que Daech, puis la guerre, ont privés de tout, il est difficile de ne pas…