C’était un soir presque comme les autres au Café Anglais, sur le boulevard des Italiens: grands vins, cuisine généreuse, boiseries acajou et miroirs brillant de mille feux. Le quartier général de la belle société du Second Empire se trouvait toutefois, ce soir-là, dans un embrasement tout particulier et pour cause: ce 7 juin 1867, trois empereurs dînent à sa table. Paris bruisse du tourbillon de l’Exposition universelle et Guillaume Ier, roi de Prusse, a convié pour souper le prince de Bismarck et le tsar Alexandre II, qui vient accompagné du tsarévitch, futur Alexandre III. Dans les assiettes, les mets du chef Adolphe Dugléré, dans les verres, remplis par le maître des lieux, Claudius Burdel, entre Yquem, Latour, Margaux, Lafite et autre Chambertin, le tsar réclame « son » champagne, celui…
