C’est à Pokrovsk, dans le Donbass, que Poutine a décidé, à coups de drones iraniens et de missiles nord-coréens, de tenter une percée. Je connais Pokrovsk. C’était, lors du tournage de mes deux derniers documentaires, quand nous rentrions des fronts de Toretsk, Bakhmout ou Klichtchiivka, un petit « bastion de l’Est » qui, avec ses 30 000 ou 40 000 habitants, semblait relativement préservé des bombardements et où nous allions dormir, souffler, nous laver. Je pense à Dora, qui nous louait des chambres, dans son appartement aux parquets bien cirés, près de la rue Sobornaya. Je pense à la pizzeria Corleone, si chaleureuse, où se retrouvaient journalistes et humanitaires de passage – est-elle encore debout ? Et puis les copains qui ont évacué leurs parents, leurs enfants, parfois leurs femmes,…