Aujourd’hui, Charles de Gaulle apparaît comme le plus grand des Français du XX e siècle. Mais en 1940, qui est-il ?
Le « grand Français » de cette année terrible, c’est plutôt Philippe Pétain, le « vainqueur de Verdun », le patriote, l’unificateur, le thaumaturge, l’homme de la paix. De Gaulle, qui entend continuer sa guerre, est un exilé, un rebelle, un diviseur. En dehors des milieux politiques et des cercles militaires, qui connaît l’éphémère sous-secrétaire d’Etat à la Défense nationale ? Personne – ou presque – n’a entendu le discours du 18 juin. Si celui-ci devient un acte fondateur, c’est que, le 27 juin, son auteur est reconnu comme chef des Français libres par Churchill, qui aurait préféré accueillir Reynaud, Mandel ou Blum. Le Premier ministre est lui-même…