Balances, bascules, bavettes, bourriques, cafards, casseroles, donneurs, mouchards, pou-caves, vaches : les noms d’oiseaux ne manquent pas, dans l’argot du milieu, pour désigner ces dénonciateurs que les policiers appellent quant à eux cousins, tontons ou encore, en style administratif, « personnes dignes de foi désirant conserver l’anonymat »… Où se recrutent-ils ? « Parmi les laquais et les ducs », répondit à Louis XIV le lieutenant général de police d’Argenson, qui décrivait en ces termes l’excellence de ses services au souverain : « Sire, du moment que vous parlez à deux personnes, soyez sûr que l’une d’elles est un de mes agents qui me rapportera vos propos ; si votre entretien est un tête-à-tête, il est vraisemblable que j’en serai informé. Et, si vous soliloquez, les murs auront pour moi…
