Lorsque j’étais enfant, les chevreuils étaient loin d’être aussi nombreux qu’aujourd’hui et bien mal répartis sur notre territoire. La Beauce, où j’usais mes premières paires de bottes, fut longtemps dépourvue du gracile animal. Mais, peu à peu, il devint plus fréquent. On commençait à l’observer, l’apprécier, découvrir sa finesse, son élégance, sa beauté. Sans, cependant, rien connaître de lui ou presque. À l’époque, les DVD ou cassettes VHS n’existaient pas et peu de livres lui étaient consacrés. Le plus petit de nos grands gibiers gardait sa part de mystère. D’ailleurs, la première fois que je l’entendis aboyer, je ressentis un choc. Rien ni personne ne m’avait préparé à ce qu’un animal aussi fin, léger, presque fragile, puisse pousser ce jappement rauque et agressif. Quarante ans plus tard, les choses n’ont…