Voilà un ouvrage qui, avant le Covid-19, aurait résonné autrement : non que la fatigue, avec le virus, ait régressé, au contraire, mais celui-ci semble avoir occulté le reste des maux. Faisons cet effort, immense, de nous souvenir de notre société d’avant. Elle exsudait la fatigue. Rongée par le stress, minée par le burn-out, elle oscillait entre la tentation de plonger avec Houellebecq, l’éternel fatigué, ou de se refugier vers quelque pratique défatigante, yoga et autres. Que Georges Vigarello, l’historien du corps, des émotions ou du sentiment de soi, s’empare d’un tel sujet, n’est guère surprenant. La fatigue s’y loge en effet au carrefour.
Grâce à lui, elle a enfin son histoire, plus large qu’on ne le pensait, jalonnée de tournants, de variations, le surmenage, le stress, de contre-feux, le…
