La question me taraude depuis un moment. Les dérives des gazouillis sont devenues la norme, bien loin de l’esprit des origines. L’invective a supplanté la dispute apaisée et le partage bienveillant, le complotisme y a trouvé une caisse de résonance, et la manipulation de masse, y compris sur les processus électoraux, menace le jeu démocratique. Cet eldorado de l’anonymat veule a libéré la parole haineuse, raciste, antisémite, homophobe. Et le débat devient factice, claquemuré dans la fameuse bulle de filtres et l’algorithme qui nous confortent dans l’entre-soi des convictions analogues. Enfin, Elon Musk, en rachetant l’oiseau bleu, ne s’est pas contenté de la brutalité du licenciement de milliers de salariés : il ne semble guère enclin à réguler, modérer, rendre transparent. N’en jetons plus. Tout plaide pour quitter le café…
