Ardent défenseur de Mahler, Bernstein explora aussi avec ferveur et intensité un très vaste répertoire auquel il insuffla un sens du rythme issu de la musique américaine. Bernstein chef d’orchestre, c’était d’abord un immense répertoire pratiqué avec une constance rarissime dans l’excellence. Quelle légende de la direction de son siècle aligne autant de trophées à son tableau de chasse et résiste à ce point à l’épreuve des réécoutes et des modes interprétatives? Qui d’autre, en symphonique, sut embrasser le style de compositeurs aussi divers que Mozart, Haydn, Beethoven, Schubert, Mendelssohn, Schumann, Brahms, Liszt, Berlioz, Bizet, Franck, Roussel, Milhaud, Tchaïkovski, Nielsen, Sibelius, Chostakovitch, Stravinsky, et les Américains, d’Ives à Gershwin? Sans oublier des incursions opératiques rares, mais souvent à marquer d’une pierre blanche (Fidelio, La Somnambule, Falstaff, Tristan). Le grand œuvre…