On avait laissé l’Australien Christopher Clark il y a une dizaine d’années, avec ses Somnambules, sur les bords du volcan qui, au fil des valses-hésitations des chancelleries européennes, enflamma un continent en 1914. Mais, en 2011-2012, les printemps arabes, leur traînée de poudre contagieuse et désordonnée, lui avaient rappelé une autre contamination révolutionnaire, qui avait provoqué un blast sur l’Europe : le Printemps des peuples, en 1848, période hectique dont aucun pays européen, hormis l’Angleterre, ne sortit indemne. Cette somme inouïe de pays, de protagonistes et de témoins illustres, libéraux, radicaux, républicains, conservateurs, Clark l’orchestre d’une main de maître. Il retrace ainsi un moment clé de l’européanisation, un temps d’accélération incontrôlée, où le concert du congrès de Vienne, en 1815, versa dans une folle polyphonie.
Chaque pays eut une bonne…