«En ne regardant qu’un seul détail, par exemple la rue Férou, et pendant assez de temps, on peut, sans aucune difficulté, s’imaginer que l’on est à Étampes ou à Bourges ou même à Vienne en Autriche », écrivait Georges Perec. Il y a, en effet, le monde entier dans la rue Férou, semble penser Lydia Flem qui consacre 544 pages à cette venelle de 144 mètres, qui s’élance de l’église Saint-Sulpice pour grimper vers le Luxembourg. Eugène Atget l’avait photographiée déserte, mais du monde sera passé par cette rue, dont la psychanalyste belge, hantée par la quête d’un lieu à elle, a fait son « lieu retrouvé », idéal, tour de Babel vertigineuse des arts, inventaire à la Prévert. Prévert, justement, qui a grandi au numéro 4 avant que Michel…
