PAR CÉLINE DEBAYLE.
ARLÉA, 168 P., 17 €.
PRÊTER SA VOIX À UN ENFANT est un exercice littéraire sacrément périlleux. Mais Céline Debayle remporte le pari haut la plume avec ce deuxième roman, d’une justesse et d’une sobriété épatantes, porté par une écriture espiègle et profonde. Ni facilité ni niaiserie, en effet, dans ces Grandes Poupées, où la narratrice, Josette, 7 ans, raconte son été 1953. Fille unique de Robert et Odette Dubois, couple modeste, la gamine a quitté précipitamment Marseille avec sa mère, excédée par les frasques alcoolisées de son mari, pour se réfugier près d’Antibes chez la tante Emma et sa fille, Alice, 7 ans elle aussi. Le père de cette dernière, engagé en Indochine depuis un an, y fait figure de héros. Celui de Josette n’est qu’un…
