Vers la fin de sa vie, Michel Schneider me parlait souvent de sa fille, Vanessa, qu’il adorait et admirait tout en avouant dans un soupir : « Le problème, entre elle et moi, c’est qu’on se ressemble trop… » Et je savais d’expérience que rien n’est plus délicat, et souvent plus périlleux, que d’être en quelque sorte le double, la copie, l’original, le reflet, l’écho, de sa propre descendance. Pas facile pour Michel de donner à Vanessa le conseil dont elle a besoin et qu’il ne suit pas lui-même. De lui faire le reproche qu’il est le premier à mériter. C’est ainsi, et toujours, quand deux êtres d’envergure s’agitent dans un seul aquarium. Et se cognent, chacun à son heure, aux mêmes ambitions, aux mêmes échecs, aux mêmes angoisses. Ici,…