En s’acclimatant de longue date à sa dernière demeure dans l’île de Ré, Philippe Sollers avait habilement laissé entendre que la mort ne priverait personne de son allègre présence – puisque le nom de ce lieu est composé des initiales, très nietzschéennes, d’un Retour Éternel. Le voici qui, sans surprise, fait retour avec quelques dizaines de pages dictées avant son départ, à peine relues, sans doute pas corrigées, qui bouleverseront ceux qui savent, contre vents, rumeurs, médisances et marées, que cet écrivain, né Philippe Joyaux, était, est – bien que privé de son vivant de la Pléiade qui lui était due – l’un des plus importants, des plus intelligents, des plus subtils de l’époque.
Quatre-vingts pages, donc. Du super-Sollers. Énigmatique, électrique, impassible, agile, procédant par aphorismes ou quasi-haïkus, et qui,…
