Le Point : Les économistes travaillent souvent sur des scénarios de crise. Lorsque vous étiez gouverneur de la Banque centrale européenne, aviez-vous anticipé ce que nous vivons aujourd’hui ?
Jean-Claude Trichet : Non, pas exactement! Nous testions la résilience de l’économie et des institutions financières dans un contexte de crise très grave, quelle qu’en soit la cause interne ou externe : catastrophe naturelle, guerre, attentat, cyberattaque, épidémie, pandémie. À titre d’exemple, le dernier test européen, publié il y a deux mois, retenait une récession avec 4,3% de baisse cumulée du PIB d’ici à 2022 et un chômage augmentant de 3,5 % sur la période. S’agissant des causes externes, nous concentrions notre attention sur les attentats terroristes et l’effondrement des télécommunications. Ce que nous vivons aujourd’hui est totalement inédit. Un virus…