Les centaines de milliers de migrants qui se pressent aux portes d’une Europe à peine entrebâillée nous interrogent sur les causes de leur exode massif. La guerre, oui, c’est entendu : d’abord le peuple syrien saigné par el-Assad ; puis la progression barbare de l’EI le long d’un arc qui, passant par l’Irak, s’achève, pour l’instant, en Libye. Alors qu’une belle collection de chefs d’État est attendue à Paris pour la COP21, de plus en plus d’experts considèrent les conséquences du dérèglement climatique au rang de ferment d’une crise, voire de facteur aggravant un conflit. Cela semble logique, encore leur fallait-il prouver la corrélation.
Le 27 janvier 2014, Francesca De Châtel, chercheuse à l’université Radboud, aux Pays-Bas, publiait dans la revue en ligne Middle Eastern Studies une thèse établissant un…