Poche. Comment quitte-t-on l’enfance pour se mettre à exister, à apprivoiser son corps et ses désirs réprimés, et surtout à en comprendre l’origine? On ne sait pas. Alors, on se tait, on se ment, on se déserte, on s’abîme, le jour, la nuit, et pour ne pas crever, parfois, on écrit; comme Nina Bouraoui. C’est son 16e roman (le 17e, Otages, vient de paraître chez Lattès), mais il y est question de jeunesse, de formation, d’initiation. D’abord, Bouraoui raconte l’onctuosité de l’enfance au pays, le chahut entre la France et l’Algérie, avant que les jupes ne s’allongent dans les rues d’Oran, avant que les cheveux ne se cachent dans celles d’Alger, avant que n’éclate l’orage. Et puis viennent les années 1980, l’homosexualité, les femmes du bar lesbien où elle va…
