Sous les pieds, les cailloux roulent. Parfois, la cheville chavire tant ils sont gros. À d’autres endroits, avec le temps, ils se sont fondus dans la terre élastique, assouplie par la pluie exceptionnelle de la veille. L’air sent l’humus, la feuille mouillée, le pin, la garrigue, le thym et le romarin. Nous sommes au sud d’Avignon, au domaine de Trévallon, pile entre Saint-Étienne-du-Grès et Saint-Rémy-de-Provence. Vues du ciel, les parcelles s’enfoncent telles des veines blanches en hiver, vert clair en été, dans les sombres massifs des Alpilles, pins et chênes mêlés, avec une énergie particulière, une force inhabituelle.
Ostiane, 39 ans, parcourt tous les jours ce vignoble dont les premiers ceps furent plantés en 1973 par son grand-père, René Dürrbach. Treize hectares étalés sur une trentaine de parcelles, dont la…